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Les
paysans sont pauvres et n’aspirent à aucun luxe.
La paysanne vit chichement dans un modeste logis, les ressources du foyer sont
celles obtenues par le travail de son époux et par celui qu’elle effectue selon
la saison et le lieu.
Pour un salaire dérisoire, elle participe à tous les travaux des champs. Si
un faucheur est payé 3 F la journée la femme qui lie les gerbes ne gagnera que
1,50 F – 75 centimes pour la vendange, 70 centimes pour la cueillette des olives.
A Saint-Jeannet, on cultive les orangers (vente de la délicate fleur aux usines de parfum de Grasse). Grande prospérité des fleurs à parfum vers 1925 dans notre village, fin de cette culture vers 1975. On se met à faire des œillets et roses. Encore aujourd’hui, il reste des producteurs de fleurs (rose, œillet). La vigne fait aussi partie du paysage de Saint-Jeannet, surtout pour la production familiale. Notre village a longtemps été célèbre pour son vin " le saint-jeannet tardif ", remis au goût du jour par le dernier producteur du village.
Ces
durs labeurs obligent les paysans à porter des vêtements taillés dans des matières
très solides comme la chanvre, le lin et le coton mais d’une facture plus ou
moins grossière.
Pour des raisons économiques, la paysanne file la laine et le chanvre qu’elle
porte au tisserand qui fabrique une toile solide mais rustique.
Les maigres ressources de la paysanne ne lui autorisent pas une garde robe très
fournie, excepté si elle a hérité ou acheté d'occasion quelques fripes d’une
classe sociale plus élevée.
Elle porte un costume très simple et peu coûteux, non dénué d’élégance même
dans sa tenue de travail.
LA PAYSANNE
| d’une jupe de coton rayé dans les tons rouge, bleu, blanc. | |
| d’une chemise de toile tissée à la main | |
| d’un corselet | |
| d’un fichu de coton imprimé | |
| d’un tablier de coton | |
| d’une coiffe simple |
L’été, pour les travaux des champs, elle porte un grand chapeau de paille,
Peu d’éléments de costumes anciens nous sont parvenus. Usés, raccommodés à l’excès, ils ont été utilisés jusqu’à la limite avant de finir en chiffons.
Voyons en détail les éléments de notre costume :
-la
coiffe : élément essentiel de tout costume populaire. C’est par la
coiffe que l’on distingue, au premier coup d’œil, l’origine de celle qui porte
le costume régional. Les conditions de vie – travaux salissants, routes et rues
poussiéreuses, maisons au sol en terre battue – et les conditions d’hygiène
obligent à soustraire de jour comme de nuit la chevelure. Dans notre région,
on a sur le plan général quelques types de coiffes caractéristiques avec de
multiples variantes. On ne peut définir une appartenance spécifiquement locale.
-Le fichu : petit foulard rayé de couleur vive.
-La
jupe : la paysanne, confrontée aux travaux des champs, se doit
de posséder des vêtement solides. la jupe était réalisée dans le même tissu
que les pantalons des " sans-culottes ". Elle peut être
en siamoise rayée rouge et blanc, bleu et blanc, rouge et bleu à fines rayures
blanches ou à rayures bleu, blanc, rouge.
-Le tablier : tout comme la coiffe et le fichu, le tablier fait partie intégrante du costume féminin. De la Paysanne à la Bastidane, il accompagne jupes, robes. Protection ou décoration, sa largeur varie. Plus large chez la paysanne, il remplace souvent le panier pour les travaux aux champs ou à la ferme. La qualité du tissu varie selon le vêtement qu’il accompagne. Sa couleur est toujours en harmonie avec les autres pièces du costume.
-La
capeline : pour la paysanne, le chapeau est un élément utilitaire.
Aux champs, posé sur la coiffe, quelquefois retenu par un fichu plié en triangle
et attachés sous le menton, il sert à protéger du soleil
ardent de Provence. Il est en paille tressée.
LE PAYSAN
Le
paysan qui louait ses services pendant une partie plus ou moins importante de
l’année était très pauvre.
Il conservait ses vêtements grossiers, jusqu’à l’usure complète.
Les habits des jours de fête ne se différenciaient guère des habits de travail.
Seule la qualité du tissu changeait parfois, la chemise était plus fine, le
drap de laine moins grossier.
Il portait, en général :
| un pantalon, l’été de toile blanche, l’hiver de gros drap. | |
| une taiole de flanelle | |
| un mouchoir de cou | |
| une chemise de lin grossière | |
| un gilet en drap de laine de la couleur de la bête, très simple | |
| l’hiver, une veste de gros drap | |
| un chapeau de paille l’été, un chapeau de feutre l’hiver |
Dans notre groupe, les hommes ne portent ni le chapeau ni le gilet.
Voyons, en détail, certaines pièces du costume :
-la chemise :
le tissage, jusqu’au milieu du XIX siècle, est effectué dans la grande majorité
des cas manuellement. Dans de nombreuses familles, le filage à la main et le
tissage à domicile sont réalisés par les paysans à la morte saison, l’hiver.
La chemise est grossière, en toile de lin épaisse, résistant à de nombreuses
lessives. Simple, avec une fente devant, fermée par un lacet, manches rabattues,
c’est la chemise portée par les paysans au travail. Elle est portée directement
sur la peau, pour absorber la transpiration.
La chemise du dimanche possède un plastron plat et des manches à poignets fermés
par des boutons.
-le mouchoir de cou ou " susareu " :De couleur, il est noué autour du cou, à l’intérieur du col de chemise pour absorber la transpiration.
- la taiole : ceinture en flanelle de laine, de couleur rouge.