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Chapelles

D'après Georges Carrot - Saint-Jeannet Village de Provence - Grasse, 1977.

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LA CHAPELLE NOTRE-DAME DES CHAMPS

Chapelle Notre Dame des Champs (37K)A la sortie du village, après avoir dépassé l'ancien abattoir transformé en menuiserie, on débouche sur l'entrée de la petite chapelle Notre Dame qui fut sans doute édifiée à la fin du XVe siècle, en remerciement à Notre Dame après la découverte en 1570 de la source de la Font-Neuve à la sortie du village.
On lui a donné successivement les nom de N.-D. de Populo, N.-D. des Baux, N.-D. de Miséricorde ou N.-D. des Champs. Bien restaurée, elle est magnifiquement entretenue et fleurie. Quelques ex-voto, placés en souvenir d'alpinistes tombés en montagne, rappellent la présence du baou dont les 400 mètres de rocher à pic dominent la chapelle.

LA CHAPELLE SAINT-BERNARDIN

Chapelle Saint Bernardin et son clocheton (14K)En face des sobres maisons bourgeoises qui ferment trois des quatre côtés de la place de l'église se dresse la façade de la chapelle des pénitents blancs. C'était une ancienne bergerie dans laquelle la confrérie s'était installée en 1645. Elle est dominée à l'Ouest par un clocheton construit en 1816. A l'est, elle s'appuie à la grande tour carrée et crénelé, édifiée en 1667, qui sert de clocher à l'église paroissiale. L'église et la chapelle, tout en étant rassemblés sous une toiture commune, forment deux bâtisses distinctes. On y entre par deux portails datant de la fin du XIXe siècle. La chapelle de pénitents blancs, ou flagellants, est placée sous le patronage de Saint Bernardin de Sienne. Chaque 20 mai, jour de la fête de ce saint y étaient élus leurs officiers. Le local servait également pour célébrer toutes les solennités qui jalonnaient l'année: réception de nouveaux membres, offices de la semaine sainte, etc. Vendue pendant la Révolution, la chapelle servit de salle de séance à l'Assemblée communale et fut ensuite le siège de la Société populaire. Elle appartient aujourd'hui à la municipalité. Cette chapelle est un édifice modeste qui mesure à peine 100m2 . La voûte est en plein cintre. Une seule fenêtre haute et une rosace donnent un peu de lumière.

LA CHAPELLE SAINT-JEAN-BAPTISTE

Chapelle Saint Jean-Baptiste (29K)Construite vers 1750, la chapelle des pénitents noirs est un édifice beaucoup plus grand et somptueux que celui des pénitents blancs. Le petit clocher en brique rouge qui le surmonte est un ajout de la deuxième moitié du XIXe siècle. L'intérieur de la chapelle garde beaucoup de traces de son ancienne splendeur. La voûte est en plein cintre et la nef, très simple se termine à l'ouest par une abside en cul-de-four. Elle est éclairée par deux fenêtres hautes côté sud et une fenêtre au dessus de la porte d'entrée. Sous l'ancien dallage en terre cuite reposent quelques épouses et filles de pénitents inhumées ici au XVIIIe siècle. La statue que l'on pouvait admirer à l'intérieur sur l'autel représente Saint-Jean-Baptiste avec l'agneau pascal à ses pieds et quatre petits anges portant les attributs du saint. De facture italienne, cette statue a ete achetée à Nice en 1780. Elle est aujourd'hui visible dans le choeur de l'église paroissiale

LA CHAPELLE SAINTE-PETRONILLE

Chapelle Sainte Pétronille (16K)Edifiée au XIe siècle, cette chapelle construite en retrait du village sur la route de Chateau-Bresson fut dédiée à Saint Antoine puis avait été plus ou moins abandonnée. Peu entretenue, elle se trouvait en très mauvais état quand le culte de Sainte Pétronille y fut transféré au XIXe siècle. Des travaux de modernisation furent aussitÔt entrepris. Depuis 1821, cette chapelle a été le centre d'un pèlerinage organisé tous les ans au mois de mai. Mais coïncidant avec la période de cueillette des fleurs d'orangers, elle fut peu à peu délaissée après 1870. De nouveaux travaux de restauration furent entrepris en 1973 et la municipalité confia la décoration de la chapelle au peintre belge Charles Delporte. La chapelle Sainte Pétronille est une petite construction bien proportionnée dont l'entrée est surmontée d'un clocheton et d'une rosace. Au dessus de la porte, une inscription rappelle que Sainte pétronille était considérée comme la fille de Saint Pierre. Sur la façade, une rosace représente le soleil. Un peu plus bas, deux vitraux figurent des cierges allumés, dont le rythme et la composition ont été influencés par le profil de la falaise dominant Saint-Jeannet. A l'intérieur on retrouve plusieurs tableaux représentant Sainte Pétronille, la Vierge, Sainte Barbe, Saint Claude et Saint Antoine ainsi que des meubles en chêne datant probablement du XVIe ou XVIIe siècle.

LA CHAPELLE SAINT PIERRE

Chapelle San Peïre (15K)Orientée au Levant, cette chapelle n'est pas sans rappeler celles édifiées par les templiers en France comme en Espagne. Le patronage de Saint Pierre (ou San Peïre) qui lui a été donné semble bien confirmer l'influence des chevaliers du Temple dans ce lieu ou ils auraient possédé des biens. Ses proportions réussies attirent le regard et sa masse harmonieuse semble faire corps avec le paysage. On peu également admirer l'élégance du choeur cintré ainsi que le soin apporté à l'appareillage des pierres. Vendue à la révolution au titre de bien national, elle a été transformée en grange. Elle doit à l'excellence de sa construction et à l'épaisseur de ses murs (de 0,50 à 0,60m) de pouvoir témoigner encore de l'instinct artistique des anciennes populations. Cette chapelle desservait, dès le XIIe siècle, les habitants du hameau des Gaudes qui s'étaient installés sur cet emplacement après l'élimination des bandes sarrasines. Un cimetière lui était contigu sur la partie est. Ce lieu a été abandonné au XVe siècle à la suite d'une épidémie de peste. La chapelle et le château sont donc les seuls vestiges de ce groupement d'habitations.