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Sur
les baous de la Gaude et de Saint-Jeannet existent
des camps retranchés celto-ligures, ils sont impressionnants
Savez-vous que sur le territoire de Saint-Jeannet, il existe plusieurs sites d'origine celte datant de 500 ou 600 ans avant Jésus-Christ ! Des sites, sortes de camps retranchés, construits par les peuplades celto-ligures plus ou moins sédentaires qui habitaient alors sur le territoire actuel de notre commune pour se protéger de voisins belliqueux, d'opérations menées par les colons phocéens et plus tard par les Romains qui contrôlaient la côte.
Le site du baou de la Gaude est impressionnant et fort bien conservé. Allez le découvrir en suivant le chemin qui conduit à son sommet au-delà de la Romeguière, il est impressionnant...
Nous avons emprunté à l'ouvrage de Georges Carrot « Saint-Jeannet, village de Provence » l'histoire de ces sites appelés par les spécialistes « castellaras ».
La
Provence a le privilège d'avoir conservé de nombreux vestiges d'enceintes préhistoriques,
appelés « castellaras ». On en dénombre trois cents
dans le département des Alpes-Maritimes dont plusieurs sur le territoire de
notre commune.
Ces constructions remontent à l'époque des invasions celtiques, entre le Vlème et le llème siècle avant Jésus-Christ. Elles mettaient en jeu d'énormes masses de pierres. Celles-ci ne pouvaient être débitées qu'avec des instruments de fer, que les Celtes ont justemeni introduits dans cette région...
Les castellaras sont le plus souvent construits dans des lieux retirés et élevés, mais non loin des voies de communication, de manière à les surveiller. Ce sont des refuges fortifiés, assez étendus, dans lesquels des populations entières pouvaient s'abriter en cas de péril...
Certains, qui ont été édifiés avec de gros blocs empilés, sont appelés pour cette raison cyclopéens. D'autres, plus perfectionnés, sont du type lité, c'est-à-dire construits avec des pierres présentant des surfaces parallèles. Les murs ont une largeur qui varie de 1,50 à 8 mètres. Tous ont pourtant la caractéristique commune d'avoir été bâtis en pierres brutes simplement empilées, à joints secs et sans ciment...
Saint-Jeannet possède sur son sol une enceinte qui est encore en excellent état. Elle faisait partie d'un camp situé au sommet du baou de La Gaude. On y accède facilement, en une heure de marche à partir du chemin de la Roméguière. Le retranchement formait une surface plane de 800 m2 environ, défendue au sud et à l'est par l'à-pic des falaises calcaires. Au nord, qui constituait la partie la plus exposée aux attaques, le camp était protégé par un très beau mur formé de blocs lités et sommairement dressés.
Certaines pierres, taillées en parallélépipèdes, ont plus d'un mètre de longueur et pèsent 700 à 900 kilos. Elles ont été tirées des barres rocheuses situées en contre-bas. Les constructeurs ont établi trois murs successifs formant une épaisseur totale de 3,20 m. Ils ont ensuite comblé les intervalles avec de la rocaille ramassée sur place. La hauteur maximum actuelle est de 2,50 à 3 m. On peut penser qu'au moment de son édification, cette clôture atteignait 4 à 5 mètres.
La protection vers l'avant est renforcée par un fossé, puis par un deuxième rempart moins bien conservé. La muraille se continue vers l'ouest en enserrant une butte de calcaire culminant à 798 mètres et formant à la fois poste d'observation et bastion.
L'entrée du camp est parfaitement visible à l'ouest entre deux rochers formant chicane. Les faces sud et est donnent directement sur des à-pic.
La surface du camp ne présente guère d'intérêt. Les archéologues n'y ont fait encore aucune découverte. Mais le site et les murs fort bien conservés restent aujourd'hui encore impressionnants.
Une autre enceinte existe sur le baou même de Saint-Jeannet. Cent cinquante mètres environ au nord de la table d'orientation, le plateau se rétrécit et forme un étranglement. A cet endroit, on distingue une petite levée de pierres dessinant sur le sol une large courbe, longue de cent mètres environ. Avant d'être abattue, au cours de l'histoire, celle muraille délimitait un espace d'à peu près deux hectares, magnifiquement couvert sur trois faces par de hautes falaises abruptes...

Il
ne faut pas confondre ces sites celtiques avec les bories
qui sont encore nombreuses sur le plateau. Ce sont des cabanes construites sur
un plan circulaire par empilement de dalles, sans ciment et voûtées en
coupole. Les écrivains de l'antiquité romaine ont noté que les celto-ligures
bâtissaient et habitaient des cabanes de pierres.
Mais les bories encore debout aujourd'hui datent au maximum de deux ou trois cents ans. Elles servaient aux agriculteurs et aux bergers. Mais elles marquent pour le moins une permanence dans les traditions millénaires de construction.
Ces traditions se retrouvent aussi dans l'édification des nombreux murs de soutènement en pierres sèches. Dans ce pays où les déclivités sont fortes et où le peu de terre arable est périodiquement enlevé par les pluies, il était indispensable de découper les pentes en planches ou restanques. Celles-ci occupent tout le terroir de Saint-Jeannet, dont elles soulignent esthétiquement les différentes courbes de niveau...
Les plus grandes et les plus imposantes bories se trouvent au-delà des baous, sur le chemin de Bezaudun, entre la bergerie Olivier et la bergerie Malivert...