La maison du Four à pain

150 ans d'histoire...

La société du Four à pain a été constituée le 2 janvier 1848 par-devant Christophe Clément TRASTOUR, notaire royal à la résidence de la ville de Vence, dans le département du Var. Elle a acquis, au sieur MARTEL, un emplacement pour la construction du four au rez-de-chaussée d'un immeuble situé dans la rue de la Ferrage. L'acte fondateur de la société du "FOUR A PAIN" a été signé à Saint-Jeannet, dans la maison du sieur Joseph TRASTOUR, par 56 habitants qui jouissaient chacun des même droits et conditions d'accès. La plupart des noms des vieilles familles de Saint-Jeannet se retrouvent dans ce document, notamment les TRASTOUR, NIRASCOU, EUZIERE, OCTOBON...

Les travaux pour la construction du four à pain, dans le mur septentrional de la maison, ont été faits aux frais des acquéreurs qui s'engageaient à établir la naissance de la voûte qui ne devait pas avoir plus de trois mètres douze centimètres de diamètre intérieur dans tous les sens.

En signant l'acte de construction et de mise en activité du four, les copropriétaires signataires et ceux admis par la suite s'engageaient à ne pas faire cuire leur pain ou leur pâte ailleurs que dans le four. Celui qui n'exécutait pas ces conditions et faisait cuire son pain dans un autre four était considéré comme ne faisant plus partie de la société et sa part de la copropriété était irrévocablement, de ce fait, acquise aux autres copropriétaires.

L'administration du four était confiée à des syndics ou à des gérants mandataires qui géraient toutes les affaires de la société conformément aux règlement établis. Ils percevaient les revenus, acquittaient toutes les dettes de la société qu'ils représentaient dans tous les procès contre qui que se soit, tant en demandant qu'en défendant, fixaient

le droit de fournage, choisissaient les fournières, négociaient tous les accords qu'ils reconnaissaient être dans l'intérêt de la société. Ils rendaient compte de leur administration à la fin de chaque année à tous les copropriétaires.

Ce système a fonctionné jusqu'au lendemain de la Première Guerre Mondiale. Dans les années 1925 l'activité du four s'est progressivement arrêté, plusieurs boulangers s'étant établis dans la commune.

Après 1945 la société loua ses locaux à un entrepreneur de spectacle pour la diffusion de films. Dans un premier temps l'immeuble pris le nom de "PATHE CINEMA" puis il devint très vite le "MAGIQUE CINEMA". Il fonctionna jusqu'en 1969 et fut fermé à cette époque pour des raisons de sécurité au lendemain du drame du 5/7 à Saint-Laurent-du-pont dans l'Isère qui fit plus d'une centaine de morts.

Définitivement fermé l'immeuble dans un état de délabrement avancé fut cédé sous forme d'un bail emphytéotique à la mairie de Saint-Jeannet par les administrateurs de la société le 19 janvier 1990. Ceux-ci avaient pour nom : BAUDOUIN Auguste, président en exercice; Mme PICHE Clara, trésorière; NIRASCOU Gérard, maire, représentant NIRASCOU Robert, son père; LORENZATO Barthélémy; MARTEL Charles; MALAMAIRE Roger; Mme CORMIS Marie-Thérèse; Mme ROSTAN Lucie; Mme CIPRE Andrée; BARRIERE Roger; Mme TIOLA Lucienne.

En 1998 le maire conseiller régional Gérard NIRASCOU a proposé au conseil municipal de restaurer cet immeuble en conservant intact le four à pain. Les travaux ont duré cinq mois et ont coûté 932 000 F (dont 720 000 F de subventions).

Sous le nom de "MAISON DU FOUR A PAIN" cet immeuble a été inauguré le 18 septembre 1999 et aura pour vocation de promouvoir et de faire connaître l'histoire et les traditions du village de Saint-Jeannet.